Une nouvelle voie spectaculaire a été gravie sur la face nord de l'Aiguille Orientale du Soreiller, marquant une réussite notable pour le trio d'alpinistes français. Du 2 au 3 mars 2026, Melvin Bou, Kilian Moni et Étienne Poteaux ont ouvert 'Y'a comme un pecker dans la soupe', une ligne de 420 mètres cotée M8/A2. Cette ascension audacieuse dans le massif des Écrins n'était pas leur première tentative; Melvin Bou avait déjà exploré la partie inférieure de la voie avec Yanis Cherquaoui en décembre précédent, posant les jalons pour cette future conquête. Malgré des conditions initiales difficiles et un repli forcé après quatre longueurs, leur détermination a permis d'installer des relais cruciaux pour l'expédition suivante, consolidant ainsi la préparation de cette aventure exigeante.
Le début de l'ascension a été marqué par un effort physique intense, avec des sacs lourdement chargés et une approche épuisante depuis Saint-Christophe-en-Oisans. Kilian Moni, encore en convalescence, a particulièrement ressenti cette fatigue, se sentant affaibli à la rimaye. Cependant, l'esprit d'équipe et la motivation ont pris le dessus. Malgré des conditions de neige qui n'étaient pas idéales, similaires à la tentative précédente, les alpinistes étaient équipés cette fois pour un bivouac, planifiant de passer la nuit au-dessus de la quatrième longueur. Une fois la plateforme creusée pour la tente, Kilian a pris les devants sur la cinquième longueur, qui s'est avérée être un système de fissures verticales impressionnant. La progression était difficile, mais la beauté sauvage du terrain et l'excitation de l'inconnu ont alimenté leur persévérance, malgré les défis comme la découverte d'un accroc dans la tente.
La deuxième journée d'escalade a été tout aussi exigeante, débutant tôt après une nuit courte et peu réparatrice. Le choix initial de la voie s'étant révélé impraticable, l'équipe a dû revenir au relais M7 pour explorer une nouvelle option: une fine fissure à gauche de la strie noire. Melvin a mené cette section difficile, utilisant des techniques d'escalade artificielle. Ensuite, Kilian a relevé le défi pieds nus, malgré le froid intense, réussissant à atteindre le relais. L'ascension a continué à travers des passages complexes, dont un dièdre impressionnant de granit solide, jamais vu auparavant dans les Écrins selon les alpinistes. Après des heures d'efforts concentrés, l'équipe a finalement atteint le sommet de l'Oriental à la tombée de la nuit. La descente s'est effectuée par plusieurs rappels, leur permettant de regagner la civilisation, épuisés mais fiers d'avoir ouvert une voie d'une telle envergure.
Cette réussite extraordinaire souligne non seulement la bravoure et la résilience de ces alpinistes, mais aussi leur capacité à surmonter des obstacles naturels immenses grâce à une préparation minutieuse et une confiance mutuelle inébranlable. Leur exploit nous rappelle que les plus grandes récompenses sont souvent le fruit d'un dévouement acharné et d'une passion sans limites, et que l'aventure en montagne est une quête constante de dépassement de soi, où chaque pas est une victoire sur l'incertitude.